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Retour sur la mobilisation de Nexity aux côtés de la Fondation pendant la crise sanitaire

En France, la crise sanitaire a fortement accentué les inégalités sociales et économiques : la mise à l’abri ainsi que l’aide alimentaire sont devenues les priorités de nombreuses associations. Pour faire face à l’urgence sociale, ces structures, mobilisées sur le terrain, ont…

En France, la crise sanitaire a fortement accentué les inégalités sociales et économiques : la mise à l’abri ainsi que l’aide alimentaire sont devenues les priorités de nombreuses associations. Pour faire face à l’urgence sociale, ces structures, mobilisées sur le terrain, ont su faire preuve d’agilité, de rapidité et d’ingéniosité.

Nexity et sa Fondation ont su se mobiliser, dès le début de la crise sanitaire, afin de soutenir les soignants et les populations les plus précaires, grâce à un Fonds d’urgence de 3 millions d’euros. Ce soutien financier exceptionnel a permis d’agir sur trois axes majeurs : l’aide aux soignants et hôpitaux, l’aide alimentaire pour les personnes les plus fragilisées ainsi que les violences faites aux femmes et les femmes en situation de grande précarité sociale et sanitaire.

Un an après, quatre structures bénéficiaires du Fonds d’urgence, la Fondation Hôpitaux de France, le Samusocial de Paris, Agir pour la Santé des Femmes ainsi que l’Armée du Salut, reviennent sur la manière dont elles ont su faire face à la crise.

  • Quelles aides ont été déployées grâce au financement apporté par Nexity ?

Fondation Hôpitaux de France : Le soutien de Nexity pendant la première vague de la crise sanitaire a été essentiel. Ce don a été fléché sur les établissements du Grand-Est (CHRU de Strasbourg, CHR de Metz-Thionville, CH de Colmar et CH d’Epinal-Remiremont), très touchés par la crise pendant les premières semaines du confinement. Ce don a notamment permis l’acquisition de matériel de rééducation respiratoire, la création d’une salle de sport pour les professionnels du CHR de Thionville, un dispositif de garde solidaire pour les enfants des soignants, une cellule d’écoute et de soutien aux professionnels de santé, ainsi que des équipements de protection individuelle (blouses, surblouses).

Samusocial de Paris :  Ce soutien financier a permis de renforcer les maraudes sanitaires et de mettre en place des actions d’aide alimentaire pour les familles hébergées à l’hôtel durant les 1ères semaines de confinement, avant le relais par l’Etat. Cela a également permis la mise en œuvre de protocoles de désinfection des centres et de protection de nos personnels, qui n’ont pas cessé leur activité pendant le premier confinement. Ce soutien financier a également permis de mettre en œuvre notre programme d’accompagnement pour les jeunes : accompagnement vers l’emploi et parrainage des adolescents en situation de fragilité, plus utile que jamais.

Agir pour la Santé des Femmes : En mai 2020, au cœur de la crise de la COVID-19, Nexity a alloué à l’ADSF – Agir pour la Santé des Femmes une enveloppe financière exceptionnelle.  Ce soutien indispensable a permis le financement de dépenses nécessaires pour répondre à l’urgence sanitaire, telles que des nuitées d’hôtel pour permettre aux femmes d’être mises à l’abri en hôtel pendant le confinement. Cette somme a également participé à l’achat de consommables durant la période, tels que des tests antigéniques ou des produits de désinfection des Frottis-truck. Ces camions, initialement aménagés pour recevoir dans un cadre intime et confidentiel les femmes rencontrées en maraude et leur proposer des dépistages des Infections Sexuellement Transmissibles et des tests HPV-HR et FCU (frottis cervico-utérin), proposent également aujourd’hui des tests de dépistages PCR et antigéniques de la COVID-19 Nexity a également contribué à la participation de la rémunération d’une psychologue-clinicienne, une intervention qui s’est avérée primordial face à l’augmentation des besoins en santé mentale consécutif à la pandémie de COVID-19 (isolement, anxiété, troubles du sommeil, etc.).

M. Claudio D. , bénéficiaire de l’Armée du Salut récupère un colis alimentaire.

Armée du Salut : Grâce aux financements reçus de Nexity, la Fondation de l’Armée du Salut a pu mettre en place de nombreuses actions en matière d’aide alimentaire et ce dans plusieurs villes de France (…).

Nous avions projeté de distribuer 450 repas par soir, mais la crise a conduit à une augmentation massive du nombre de bénéficiaires. C’est notamment grâce à Nexity que nous avons pu, cet hiver, distribuer un tiers de repas en plus et passer à 600 repas complets, sous forme de paniers repas à emporter. Ces repas sont destinés à des personnes vivant dans la rue et à des personnes qui disposent d’un logement ou d’un hébergement, mais qui n’ont pas les moyens de se nourri (…). En parallèle, nous avons mis en place des colis alimentaires pour des familles en difficultés disposant d’un domicile, ce qui représente environ 300 personnes bénéficiaires.

A Marseille, ce sont 270 colis alimentaires qui sont désormais distribués toutes les semaines depuis les locaux de notre centre d’hébergement, que ce soit directement pour les familles ou en partenariat avec des associations de quartiers qui distribuent ensuite les colis. A Marseille toujours, 200 paniers repas sont désormais confectionnés pour des personnes vivant dans des hôtels sociaux de la ville et distribués grâce à un véhicule frigorifique (…). A Nice, ce sont des centaines de repas qui ont pu être financés et distribués dans notre restaurant social, pour des personnes également sans domicile ou ne disposant des ressources suffisantes pour s’acheter de quoi se nourrir.

  • Comment faites-vous face à la crise dans la durée ?

Fondation Hôpitaux de France : Le Fonds d’aide d’urgence COVID-19 de la Fondation des Hôpitaux a tout d’abord permis aux hôpitaux de mettre en place une réorganisation accélérée de leurs services, de protéger les soignants et de maintenir le lien entre les patients (à l’hôpital ou en EHPAD) et leurs familles. Dans une seconde phase, plus de 3 millions d’euros ont permis à 60 hôpitaux d’accueillir des transferts de patients COVID-19 dans les meilleures conditions possibles. Une aide de 3,9 millions d’euros a également été apportée aux 96 Centres Hospitaliers en Santé Mentale du territoire. Enfin, la Fondation a contribué à l’accompagnement au déconfinement durant l’été 2020, en allouant 5 millions d’euros aux EHPAD pour l’aménagement d’espace d’accueil des familles, et en finançant des séjours de répit pour les aidants familiaux et leur proche en situation de handicap ou de maladie chronique.

Samusocial de Paris : Le Samusocial de Paris a dû s’organiser rapidement pour affronter la crise en mars 2020, à la fois pour assurer une continuité tout en protégeant les personnes hébergées et les personnels, et pour répondre aux nouveaux besoins (principalement alimentaires durant le 1er confinement). La crise a eu un impact sur le contexte dans lequel nous évoluons : ouverture de places en nombre par l’Etat impliquant un travail d’orientation supplémentaire pour le 115, ainsi que la recherche de places hôtelières par notre service de réservation DELTA. A l’inverse, la réduction drastique de l’accueil à la nuitée a eu un impact sur le travail de nos maraudes de nuit, qui ne pouvaient désormais plus accompagner les personnes vers des lieux d’hébergement. Nos services s’adaptent en permanence en fonction des nouvelles recommandations, ainsi, depuis plusieurs semaines, nous mettons en œuvre la politique vaccinale en direction des personnes prioritaires (notamment en LHSS – Lits halte soins santé) et nos personnels soignants.

Agir pour la Santé des Femmes :  En cette période de crise, les équipes bénévoles et salariées de l’ADSF multiplient leurs actions auprès des femmes en situation de grande exclusion. Afin de respecter les gestes barrières et un nombre limité de femmes présentes dans un même lieu, des opérations sont mises en place plusieurs fois par mois, telles que les « boutiques éphémères » (créneau consacré à la distribution de vêtements au Repaire Santé) ou encore les groupes de paroles. La mobilisation collective permet également de faire face à la crise dans la durée. Ces soutiens se manifestent par des dons financiers, des dons de produits d’hygiène et de vêtements, mais aussi par le relais de nos actions. L’une de nos missions se trouve en effet dans la sensibilisation et le plaidoyer, afin que les professionnels de la santé, de la veille sociale ainsi que le grand public, prennent en compte et en charge les problématiques spécifiques que rencontrent ces femmes. Dans ce cadre, nous publions cette semaine l’« Etat des lieux : la santé de femmes en situation de grande précarité en Île-de-France », étude statistique descriptive réalisée auprès de 1001 femmes, sur la base de la collecte d’informations lors des évaluations réalisées par les équipes ADSF (médicales, psychologues et sociales) permettant de définir les déterminants de santé, l’état de santé des femmes en situation de grande exclusion ainsi que les barrières d’accès aux soins qu’elles rencontrent (…).

Armée du Salut : Nous avons créé immédiatement une cellule de crise au Siège de la Fondation, une réserve sociale de salariés volontaires pour relayer les équipes sur le terrain et constituer un stock de matériels pour lutter contre la Covid. 

Les professionnels ont été exemplaires dans cette crise sanitaire et ont ainsi démontré que « Faire Fondation » – dans une Armée toujours sur le front de la misère – n’était pas un vain mot. Et nous avons été rejoints par de très nombreux nouveaux bénévoles, majoritairement jeunes et soucieux de répondre particulièrement aux opérations de distribution alimentaire auprès des plus démunis. 

Aujourd’hui, la situation reste toujours très préoccupante, nous avons utilisé toutes les ressources reçues en 2020 et sommes toujours devant des milliers de personnes qui n’ont pas de quoi se restaurer, se loger. Nous devons aussi faire face à la fatigue, au découragement des salariés … Nous lançons pour la seconde année un appel national pour obtenir des dons financiers, des dons en nature et du mécénat afin de répondre le plus efficacement possible aux besoins de premières nécessités des personnes isolées, des ménages, de familles qui sont dans une extrême pauvreté sur tout le territoire. 

La crise dure, notre combat continue. 

  • Comment maintenez-vous votre soutien auprès des bénéficiaires ? Avez-vous dû adapter votre fonctionnement face à la crise sanitaire ?

Fondation Hôpitaux de France : Nous avons adapté très vite notre fonctionnement à la crise et à son ampleur. Grâce notamment à un partenariat avec la Fédération Hospitalière de France, nous avons pu identifier très vite les établissements en première ligne et leur proposer le soutien le plus adéquat et le plus rapide possible. Nous nous sommes adaptés aux différents besoins des établissements en première ligne mais aussi des hôpitaux ayant accueilli des transferts de patients, des Instituts Médicoéducatifs, des EHPAD et des établissements en Santé Mentale. En mars 2021, la Fondation a lancé son appel à projet pour les soignants, dans le but de proposer à l’ensemble des établissements hospitaliers des espaces de repos confortables, animés et conviviaux, pour les professionnels de santé. Ce programme pour les soignants vise à améliorer les conditions de travail des soignants sur le long terme.

Samusocial de Paris : Pour les personnes que nous hébergeons, le prolongement de la crise rend leur quotidien et notre travail plus complexe : la réduction des activités dans les centres rend difficiles les périodes de confinement et obère le travail indispensable sur l’estime de soi ; s’y ajoute un ralentissement des sorties vers le logement ou autres solutions pérennes, un isolement accru des familles à l’hôtel, … Pour toutes ces raisons, certains de nos projets, initiés avant la crise sanitaire, deviennent essentiels en 2021, comme par exemple le programme « Mieux Vivre à l’hôtel » et l’accompagnement vers l’emploi des adolescents ou la multiplication de séjours dit de rupture, en dehors de Paris.

Agir pour la Santé des femmes : Les actions ont été adaptées dès le début de la crise sanitaire afin de répondre à l’urgence de la situation, notamment en proposant des tests COVID-19, en organisant des mises à l’abri en hôtel en gestion directe pour les femmes qui n’étaient pas confinées, ainsi qu’en ajoutant des masques chirurgicaux et des gels hydroalcooliques aux kits d’hygiène distribués en maraudes et sur les Repaire Santé. Lorsque des risques d’insécurité alimentaire sont détectés, nous organisons des distributions alimentaires sur les lieux de vie des femmes. Une vaste campagne téléphonique a également été menée afin de les informer sur la crise sanitaire, les gestes et mesures barrières, de s’assurer de leur état de santé et des risques de vulnérabilité en lien avec la crise ainsi que de leurs conditions d’hébergement, d’identifier leurs besoins de première nécessité, de répondre à leurs questions et de les accompagner dans leurs démarches de soins (poursuite de leur traitement, etc.).

Armée du Salut : Le soutien de la Fondation de l’Armée du Salut aux bénéficiaires de son aide alimentaire se manifeste par la prolongation des actions d’urgence mises en place et par la recherche permanente de nouveaux partenaires pour nous soutenir dans ces missions. Dans le même temps, nous veillons à adapter notre réponse en fonction des besoins des personnes. C’est pour cette raison qu’il est important d’adapter les modes de distribution de l’aide alimentaire, pour avoir à la fois des repas déjà cuisinés pour les personnes à la rue et de colis de denrées alimentaires à cuisiner soi-même, pour les personnes qui ont un domicile (…).

La crise nous a obligés à nous transformer de manière vertueuse, car pour de nombreuses distributions, nous avons mis en place un système de distribution qui fonctionne en partenariat avec d’autres acteurs associatifs, chacun apportant sa spécificité et sa connaissance d’un quartier ou d’un public. C’est ainsi que la Fondation de l’Armée du Salut va parfois prendre en charge la recherche de financements, l’approvisionnement, la confection des repas ou des colis alimentaires et que des partenaires associatifs vont nous aider dans la distribution de ces repas (…).

L’augmentation du nombre de repas distribués a également nécessité une forte augmentation du nombre de bénévoles. Ce sont ainsi des personnes de tous âges et de tous milieux qui nous ont ainsi rejoints, certains que leur place était avec nous pour aider celles et ceux qui en ont le plus besoin.

  • Aujourd’hui, alors que la crise sanitaire est toujours d’actualité, quels sont vos besoins et quelles actions menées pendant le confinement continuez-vous d’appliquer ?

Fondation Hôpitaux de France : Nous continuons notre action auprès des soignants, des patients et des aidants, à travers le financement d’espaces de repos pour les soignants mais aussi de réalisations dans les EHPADs, les Institut Médicoéducatifs et l’ensemble des établissements de santé confrontés à la crise. Nous avons toujours besoin de nos mécènes pour nous accompagner sur l’ensemble de ces actions. En parallèle, nous avons maintenu notre traditionnelle opération Pièces Jaunes en janvier, au profit des enfants et adolescents hospitalisés.

Samusocial de Paris : Nous poursuivons notamment l’équipement des familles à l’hôtel en connexion internet et ordinateurs afin d’assurer la continuité scolaire des enfants. Les dernières annonces nous prouvent le bien-fondé de cette action. Nous avons également adapté notre accueil de jour dans le 12ème arrondissement avec un barnum extérieur pour respecter les règles de distanciation. D’ailleurs, ces nouvelles règles entrent dans notre réflexion actuelle sur la rénovation du lieu en 2023. Notre lieu d’hygiène pour femmes souffre également du contexte et révèle son inadaptation à des contraintes sanitaires spécifiques (distanciation, diffusion du virus, …). Nos recherches de locaux sont donc impactées, en l’occurrence nous recherchons en urgence un lieu pour reconstruire ce projet, permettant d’intégrer ces nouvelles spécificités.

Agir pour la santé des femmes : Cette crise nous a amenées à constater l’impact positif d’une mise à l’abri, alors hôtelière et en gestion directe, auprès de ces femmes très exclues du/des système(s) existant(s). Grâce à cette période et cet accompagnement, elles adhèrent progressivement à nouveau au parcours de soins. De nombreuses rencontres, entre les femmes et les professionnels de santé, sont nécessaires pour permettre cet accès à des soins et parallèlement pour enclencher les démarches sociales, notamment pour recourir à leur droit. Cette période d’hébergement favorise en effet la réalisation de ces démarches.  

Armée du Salut : Nos besoins sont hélas les mêmes qu’au début du premier confinement, voire encore accrus. En effet les personnes qui réussissaient juste à s’en sortir financièrement avant la pandémie de covid-19 et qui ont basculé sont toujours dans la même situation et à cela s’ajoutent des personnes qui viennent de basculer. Nous savons déjà que d’autres personnes vont connaître les mêmes difficultés à l’avenir, qu’il s’agisse de salariés licenciés, de chômeurs en fin de droits, d’étudiants ou de travailleurs indépendants qui ont perdu leurs ressources.

Nous déployons donc tous nos efforts pour trouver de nouveaux financements nous permettant de poursuivre les distributions récemment lancées ou d’en commencer de nouvelles, car nous voyons très clairement que les besoins en matière d’aide alimentaire ne sont pas couverts. Seul le manque de ressources nous empêche de lancer de nouvelles distributions ou d’en augmenter les volumes.

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